Ou comment je n'arrive pas à panser les blessures infligées par la relation toxique que j'ai avec ma mère depuis toujours.

Ou comment dimanche soir je n'ai eu qu'une envie, revoir ma psy d'avant l'arrivée des monozygotes (c'est d'ailleurs une idée que je caresse assez sérieusement).

Je vous explique.

Au mois de janvier, No1 contracte la varicelle. Deux mois plus tard, No2 est à son tour couverte de boutons. Jusque là rien de grave. Si vous suivez et que vous avez déjà vu la varicelle passer dans une fratrie, vous aurez noté qu'avec deux mois de décalage, ça n'est pas No1 qui l'a refilée à No2. C'est le grand réservoir de la crèche qui alimente les organismes de mes filles en virus en tout genres, mais ça n'est pas le thème de ce billet.

Alors que la première est malade, je reçois les recommandations passablement alarmistes (le ton est toujours alarmiste avec elle) de ma mère: nous risquons au contact des filles malades de développer un zona, elle me refile alors une liste de 5 personnes "coupe-feu" a appeler en cas de début de zona.

Un peu intriguée quand même je consulte mon grand frère Google. Et j'apprends que je ne risque rien (au contraire). Pour votre gouverne et si vous l'ignoriez, le zona est provoqué par le virus de la varicelle. Il faut avoir développé dans son enfance (ou plus tard…) la varicelle. Le virus reste alors en quelque sorte en dormance dans l'organisme. Il peut, si le système immunitaire est affaibli, s'attaquer au système nerveux et provoquer un zona. C'est une affection qui touche principalement les personnes âgées. Mais en AUCUN CAS le contact avec un enfant atteint de varicelle n'est déclencheur d'un zona. En réalité le contact avec des malades aurait plutôt tendance à renforcer la réponse immunitaire et à diminuer la probabilité de développer un zona (par contre le contraire est vrai, une personne avec un zona peut transmettre la varicelle à quelqu'un qui ne l'a jamais eue).

Mais devinez quoi…. ma mère a développé il y a une semaine un zona. Donc c'est les enfants atteints de varicelles qui déclenchent le zona chez les adultes. CQFD.

J'ai essayé de lui dire que ça n'était pas lié, et que c'était même plutôt le contraire. Et que son zona était probablement une conséquence de son état de fatigue particulièrement prononcé en cet fin d'hiver. Mais que nenni. Elle, elle SAIT. Ben oui, elle, elle A UN ZONA. Point barre.

D'ailleurs, tous les médecins le disent (tenez, sa voisine a consulté pour un zona et son médecin lui a dit que c'était à cause de la varicelle de ses petits enfants…), et c'est écrit partout sur Internet (dixit). Sauf que je lui ai fait remarqué que ça n'était écrit nul part sur Internet, justement (mais que si elle avait un lien à m'envoyer, bien sûr, j'étais preneuse).

A partir de ce point là, la discussion est devenue un échange semi hystérique. Je pense que depuis dimanche soir elle se morfond, pauvre victime incomprise de sa fille.

La véritable question est de savoir pourquoi cette histoire me fait si mal. Elle me fait mal parce que ce que je dis n'a jamais eu la moindre valeur, parce qu'aux yeux de mes parents, je n'ai jamais bénéficié du moindre crédit, parce qu'on débat de façon stérile de quelque chose qui N'EST PAS UN DEBAT, puisque les faits sont avérés. Et ça me fait mal aussi parce que ça implique mes filles dans cette histoire, elles seraient responsables (bien malgré elles ok) des maux de leur grand-mère, mais c'est FAUX.

Non contente de lui avoir pourri la vie, sa fille lui a fabriqué des petites filles qui l'ont rendues malade. Si ça c'est pas une conspiration…

Je m'en vais sur le Bon Coin, je vais échanger ma mère contre... je sais pas encore quoi. Vous avez une mère moins timbrée à me refiler?