Monsieur Bébé n'est pas pressé

03 novembre 2015

Pourquoi j'ai remis ça?

Je suis devenue, un beau matin, maman deux fois et d'un seul coup. Tous les jours (ou presque), je réalise que tout ceci ne tient en fait qu'à un cheveu (entendre par "cheveu" une fécondation réussie, suivie d'une décongélation réussie, suivie d'une implantation réussie, tout ça avec la faible probabilité de faire d'une cellule deux bébés…)

La vie est belle, et l'envie d'un 3ème est là. Le miracle se produit l'année dernière: au mois d'août je tombe enceinte… spontanément! Si avant je me posais des questions, ça me conforte dans mon envie d'un 3ème. Je suis enceinte, heureuse de l'être, et je ne doute plus devant le fait accompli que c'est une bonne idée. Mais la vie est facétieuse (pour rester polie) et la petite fille que je porte est atteinte de trisomie 18. Interruption de grossesse, mais la vie, sans exagérer, reste belle. Trois jours après mes filles ont 2 ans, 2 ans que je suis passée de l'autre côté du miroir et que la vie à repris des couleurs comme par enchantement.

Et puis l'envie est toujours là. Je me reprends à rêver d'une grossesse spontanée évidemment, mais je vais avoir 40 ans et il faut être réaliste. Je recontacte donc mon centre PMA au printemps et nous mettons un protocole en place au début de l'été. C'est un faux départ puisque la maternité m'a un peu lobotomisée et que j'avais complètement oublié que mon ovaire gauche ne répondait aux stimulations qu'après avoir été redressé par mon rebouteux. Donc réponse presque nulle en juillet, je me fait redresser les 2 ovaires (tant qu'à faire) en septembre, et c'est reparti pour un protocole en octobre… avec la récolte de 8 ovocytes dont 7 matures et 5 fécondés. Le premier, transféré il y a 10 jours, n'a rien donné (j'ai appelé le labo il y a 10 minutes). Il reste donc 4 Findus.

Mais la question me taraude: pourquoi est-ce que je remets ça? Est-ce une réelle envie de famille nombreuse, est-ce que c'est pour faire plus que mes parents? Est-ce que c'est pour me construire une vraie famille (étant donnée que la famille dans laquelle je suis née ne rempli pas cet office)? Je n'ai pas la réponse, mais j'y travaille.

La seule chose dont je suis sûre, c'est que suivre un processus de FIV avec deux enfants à la maison c'est beaucoup moins compliqué psychologiquement que quand j'étais nullipare. Bien sûr il y a des espoirs (déçus en l'occurrence aujourd'hui…), bien sûr il est impossible d'être complètement détaché. Et ça reste un réel investissement en terme de traitement, en terme financier (pas remboursé chez moi pour rappel…). Mais je crois que cet investissement, même s'il n'aboutit à rien, m'aura servi à n'avoir aucun regret, et ça je crois que ça n'a pas de prix…

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22 octobre 2015

comme les doigts de la main... + edit

Ponction hier matin de 8 ovocytes, ce matin 7 étaient matures et 5 ont pu être fécondés.... Je peux pas trop me plaindre!

Transfert demain matin d'un des 5 si tout va bien (on ose pas trop jouer à en transférer 2, encore que j'aurais pu l'envisger!!), congélation des autres :-)))))

cinq

Édit du 22 octobre: un bel embryon de classe 1 est dans la place, Georges Clooney qu'il a dit mon doc. À quoi j'ai répondu que si c'était un garçon je gardais Georges en 2eme prénom...

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19 octobre 2015

Je vouais vous raconter...

Je voulais vous raconter…

… comment je passe le cap de la quarantaine sans me faire trop mal

… comment la maternité c'est beau et comment mes filles grandissent trop vite

… comment je change l'organisation de mon chez-moi pour un mode de vie plus simple

… comment je me panse le cœur en retournant avec bonheur chez ma psy délaissée durant 3 ans

Mais je vais juste m'en tenir à un truc aujourd'hui: je vais vous raconter que demain matin j'ai ponction ovarienne… Dingue non? J'ai remis le couvert, avec le même protocole que cet été. Ca n'avait rien donné mais entre temps je suis repassée chez mon magicien redresseur d'ovaires… et je n'ai jamais aussi bien répondu à une stim...

Verdict demain, tiendez-moi les pouces!

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01 juillet 2015

Blian mitigé...

Ca ne sera finalement pas une FIV, ça sera une insémination tout à l'heure. Mon ovaire gauche ne répond pas et malgré les doses hormonales de cheval que je m'injecte (doses maximales autorisées!), à droite il y a 3 misérables follicules et encore... pas de la même taille. Je m'en veux un peu parce que j'avais complètement oublié qu'en 2011, lors des deux premières stimulations, l'ovaire gauche n'avait déjà pas travaillé et suite à mon passage chez mon rebouteux, il avait bien répondu à la 3ème stimulation. Bref, j'ai pas vraiment fait les choses dans l'ordre. Mais pas de larmes cette fois, un peu de déception et de fatalisme.

Et puis lundi soir, piqûre de déclenchement de l'ovulation, et au milieu de la nuit je me réveille avec de la fièvre et le ventre très gonflé et douloureux. Première fois que je fais une réaction quelconque à un traitement de FIV. C'est peut-être aussi un signal? Bon, ça s'est résorbé dans la journée et ça ne remet pas en question l'insémination d'aujourd'hui. A l'heure où j'écris ces lignes, mon amoureux doit être dans un box glamour entrain de faire son prélèvement. Je lui suis reconnaisballon_ssante de me suivre encore dans mes délires d'agrandissement de la famille.

 

C'est la première fois que j'ai un peu le sentiment de faire de l'acharnement. On verra l'issue de tout ça...

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24 juin 2015

Peau neuve

Le 20 mars 2010, déespérée, à la recherche d'une bouée de sauvetage, j'ouvrais ce blog. Que de chemin parcouru en 5 ans! Sur ma banière il était inscrit "Monsieur bébé n'est pas pressé". Ma crainte inavouée d'avoir une fille m'avait fait écrire "monsieur", un peu sans que je n'y prenne garde. Et bien ce sont deux Madames et non un Monsieur qui ont débarqués dans ma vie. Deuxième point qui me fait sourire: mon pseudo "Juju" drôlement prémonitoire.

Du monde de la PMA, de l'attente et du désespoir, j'ai débarqué dans le monde de la gemellité. Du rien je suis passée au tout. En l'espace de deux minutes il y a deux ans et demi nous sommes passés de deux à quatre. Chaque jour je mesure ma chance, et je m'applique, dans le stress et la fatigue du quotidien, à ne pas rater une miette de ces mois et de ces années où elles sont encore si petites. Petites mais plus des bébés, elles parlent, elles sont presque propres, elles inventent mille jeux, elles apprennent la trotinette et j'ai l'impression que ça va aller beaucoup trop vite tout ça!

Ca fait trois jours que j'ai reppris les piquouzes et que je me suis lancée dans un nouveau protocole de FIV... même si on n'a pas de chambre pour un bébé et si mon amoureux n'est pas très emballé. Je refuse d'avoir des regrets. J'aimerai pouvoir vivre les choses de façon très détachée mais quand on a mis le pied dedans, c'est pas si facile! A suivre...

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10 avril 2015

Dans la famille Juju, je demande la soeur...

C'est un peu une période #mafamilledeM.

J'ai eu une révélation lors du w-e de Pâques. J'ai réalisé à quel point mes filles étaient indifférentes à ma soeur. Oui elle a versé sa petite larne quand je lui ai appris ma grossesse double, oui elle fait des démonstrations d'émotion à chaque fois qu'elle constate des progrès chez ses nièces, mais la vraie réalitée, plutôt triste, c'est que les enfants, ses nièces, ça ne l'intéresse pas. Ca fait joli sur un profil FB d'avoir des nièces twins, c'est tout.

J'ai réfléchis, je ne l'ai jamais vue jouer avec. Par jouer, je veux dire, se mettre parterre pour faire un puzzle ensemble, inventer des histoires avec les bonshommes des duplos, donner à manger aux animaux de la ferme qui fait de la musique. Vous voyez ce que je veux dire. Elle, elle leur fait des cadeaux, tout le temps. Je veux dire à chaque fois qu'elle les voit, on va dire 5 ou 6 fois par année? Ou alors elle prend des photos sur son iPhone. Et elle leur montre des photos ou des vidéos.

Le w-e dernier donc, repas de famille (chic). Ma soeur avait prévenu d'emblée, elle ne serait pas là avant midi et demi, elle est arrivée à une heure moins le quart. Parce que la veille elle avait un truc et que faut pas déconner, le dimanche matin elle dort (elle habite à 20 minutes en voiture de chez mes parents où se déroulait le repas). Nous, avec deux enfants et en habitant plus loin, on est bien évidemment là avant elle (en fait logistiquement on aurait pu être là à 9h du matin, bien sûr). Du coup, une demi-heure à peine après son arrivée on met les filles à la sieste. Elle en profite vachement comme ça! Elle ne les avait pas vues depuis Noël!

Je reprends donc avec l'entrée en scène de ma soeur. Quand elle arrive, les filles sont à table entrain de terminer leur repas, nous on attend l'arrivée de la duchesse pour pouvoir attaquer l'apéro. Elle a évidemment des cadeaux de Pâques pour ses nièces et a très hâte de les leurs offrir (ce sont des paniers garnis d'une quantité de chocolat qu'il faudrait 1 année pour écouler dans l'estomac d'un deux ans). Elle fait sa mine boudeuse quand on lui explique que le milieu du repas est un moment mal choisi pour les cadeaux, qui plus est quand c'est du chocolat. Re-mine boudeuse quand on lui suggère d'attendre APRES la sieste, histoire de ne pas les surexciter avant, nous aussi on aimerait pouvoir passer à l'apéro.

Après la sieste et le dessert, nous sortons faire quelques pas jusqu'à la place de jeu du bout du chemin. Elle est bien la seule (avec son mec mais bon ça ne compte pas) à ne pas aider les filles sur leur nouvelle trotinette, à ne pas les aider à monter sur l'échelle du toboggan ou sur la balançoire. Elle se contente de regarder, d'un air amusé, ou de discuter avec son Jules.

De retour de balade, elle a un nouveau cadeau pour mes filles (encore du chocolat, si si). Assise dans son canapé, elle tend le premier mouton en chocolat à une de ses nièces qui est à portée et appelle l'autre (qui joue dans une chambre à 5 mètres). Comme elle ne vient pas elle charge sa soeur de lui livrer le cochon en chocolat. Elle ne peut pas aller la voir, et s'agenouiller près d'elle??

Pour Noël, elle a eu une très chouette idée de cadeau pour moi (sans ironie pour cette fois): un guide restaurant qui offre des réductions importantes. Quand elle me l'a offert, elle m'a dit "c'est avec l'offre de baby-sitting". Eh bien nous sommes en avril, ça n'a jamais été possible, parce que vois-tu avec ses horaires de boulot où elle commence tellement tôt, c'est pas possible. Et "griller" un samedi soir, je pense que c'est hors de question pour elle. Ca m'a fait penser à la chanson de Benabar, vous savez celle du pote sur qui l'on peut soit-disant compter mais qui n'est pas libre avant 15 jours et surtout pas le w-e, et pas avant 19h, et pas après 20h... ou un truc dans le genre. Bref, en 2 ans et 4 mois, elle a gardé mes filles une soirée, il y a un peu plus d'un ans maintenant.

Est-il besoin d'ajouter qu'à deux reprises, lors du fameux dimanche de Pâques, lorsqu'elle s'est assise à côté de celle de ses nièces qui en plus est sa filleule, cette dernière a par deux fois fondu en larmes? Comme elle le ferait devant une inconnue en fait (oui, mes filles supportent assez peu les inconnus qui viennent se placer à côté d'elles à table... j'ai décider de ne pas m'en inquiéter). Et ça ne la fait pas flipper un truc comme ça?? Ca ne fait pas tilt dans son cerveau d'adolescente attardée (ado de bientôt 37 balais quand même...)?

Le clou du dimanche c'est quand, sur le départ, elle a suggéré de discuter de temps en temps avec mes filles sur skype. On habite à 15 minutes, si tu veux discuter avec tes nièces, tu viens.

Le dessin ci-dessous est inspiré d'une scène réelle vécue l'été dernier sur ma terrasse... Je vous laisse deviner qui sont les protagonistes.

soeur

Posté par ju-ju à 21:51 - Commentaires [9] - Permalien [#]

01 avril 2015

Moi, ma mère et la varicelle

Ou comment je n'arrive pas à panser les blessures infligées par la relation toxique que j'ai avec ma mère depuis toujours.

Ou comment dimanche soir je n'ai eu qu'une envie, revoir ma psy d'avant l'arrivée des monozygotes (c'est d'ailleurs une idée que je caresse assez sérieusement).

Je vous explique.

Au mois de janvier, No1 contracte la varicelle. Deux mois plus tard, No2 est à son tour couverte de boutons. Jusque là rien de grave. Si vous suivez et que vous avez déjà vu la varicelle passer dans une fratrie, vous aurez noté qu'avec deux mois de décalage, ça n'est pas No1 qui l'a refilée à No2. C'est le grand réservoir de la crèche qui alimente les organismes de mes filles en virus en tout genres, mais ça n'est pas le thème de ce billet.

Alors que la première est malade, je reçois les recommandations passablement alarmistes (le ton est toujours alarmiste avec elle) de ma mère: nous risquons au contact des filles malades de développer un zona, elle me refile alors une liste de 5 personnes "coupe-feu" a appeler en cas de début de zona.

Un peu intriguée quand même je consulte mon grand frère Google. Et j'apprends que je ne risque rien (au contraire). Pour votre gouverne et si vous l'ignoriez, le zona est provoqué par le virus de la varicelle. Il faut avoir développé dans son enfance (ou plus tard…) la varicelle. Le virus reste alors en quelque sorte en dormance dans l'organisme. Il peut, si le système immunitaire est affaibli, s'attaquer au système nerveux et provoquer un zona. C'est une affection qui touche principalement les personnes âgées. Mais en AUCUN CAS le contact avec un enfant atteint de varicelle n'est déclencheur d'un zona. En réalité le contact avec des malades aurait plutôt tendance à renforcer la réponse immunitaire et à diminuer la probabilité de développer un zona (par contre le contraire est vrai, une personne avec un zona peut transmettre la varicelle à quelqu'un qui ne l'a jamais eue).

Mais devinez quoi…. ma mère a développé il y a une semaine un zona. Donc c'est les enfants atteints de varicelles qui déclenchent le zona chez les adultes. CQFD.

J'ai essayé de lui dire que ça n'était pas lié, et que c'était même plutôt le contraire. Et que son zona était probablement une conséquence de son état de fatigue particulièrement prononcé en cet fin d'hiver. Mais que nenni. Elle, elle SAIT. Ben oui, elle, elle A UN ZONA. Point barre.

D'ailleurs, tous les médecins le disent (tenez, sa voisine a consulté pour un zona et son médecin lui a dit que c'était à cause de la varicelle de ses petits enfants…), et c'est écrit partout sur Internet (dixit). Sauf que je lui ai fait remarqué que ça n'était écrit nul part sur Internet, justement (mais que si elle avait un lien à m'envoyer, bien sûr, j'étais preneuse).

A partir de ce point là, la discussion est devenue un échange semi hystérique. Je pense que depuis dimanche soir elle se morfond, pauvre victime incomprise de sa fille.

La véritable question est de savoir pourquoi cette histoire me fait si mal. Elle me fait mal parce que ce que je dis n'a jamais eu la moindre valeur, parce qu'aux yeux de mes parents, je n'ai jamais bénéficié du moindre crédit, parce qu'on débat de façon stérile de quelque chose qui N'EST PAS UN DEBAT, puisque les faits sont avérés. Et ça me fait mal aussi parce que ça implique mes filles dans cette histoire, elles seraient responsables (bien malgré elles ok) des maux de leur grand-mère, mais c'est FAUX.

Non contente de lui avoir pourri la vie, sa fille lui a fabriqué des petites filles qui l'ont rendues malade. Si ça c'est pas une conspiration…

Je m'en vais sur le Bon Coin, je vais échanger ma mère contre... je sais pas encore quoi. Vous avez une mère moins timbrée à me refiler?

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11 février 2015

des envies de dessin

Je ne vais pas vous parler de l'état de santé de mes filles qui enchaînent roséole - rhume - varicelle - otite - conjonctivite, et du nombre de fois où il faut aller les chercher à la crèche, et du nombre de rdv chez la pédiatre, et de mon état actuel (gros refroidissement avec fièvre). Je ne vais pas non plus vous dire que tout à l'heure, j'ai failli me mettre à pleurer sur le parking quand, sortant de la crèche où j'ai du me battre pour habiller mes filles (extraites du milieu collectif donc en urgence car des yeux qui coulent), et que j'ai du ensuite me battre avec n°2 pour qu'elle me donne la main en longeant la route. Alors que je ne tiens pas vraiment sur mes jambes. ll y a des moments où la maternité devient héroïque. Voilà, ma complainte est terminée, je suis pas la seule maman dans cette situation hein!

Je vais vous parler de mes envies de dessins. J'ai eu l'idée, lumineuse (je suis mon propre fan club...), de réaliser un memory personnalisé pour mes filles. Avec leurs jouets sur les cartes. Une bagatelle donc, il suffit de réaliser quelques 36 dessins pour avoir un jeu complet à 72 cartes... Moi et mes entreprises à la con... Mais ça me fait un bien fou de dessiner et je m'éclate! Même si je n'aurai pas fini avant quelques semaines.

Voilà donc un premier extrait:

vue jeu

Fuyez, il est encore temps, car la suite viendra!

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18 janvier 2015

Singing in the shower

Juste un truc léger comme ça en passant, vous aussi ça vous arrive des moments de solitude comme ça, où on se prend un moment de détente mais où en fait on déconnecte pas du tout??

douche009Bon ok, je dessine TRES MAL les nanas à poils, si je vous dis que la sieste était courte et que le temps m'était compté?

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29 décembre 2014

Le nez qui pique

Souvent, quand je regarde mes filles, je me fais en un éclair le film dans ma tête de ce qu'aurait été ma vie sans elles, et je ne vois que du gris et de la tristesse. Et dans ces moments là, je les contemple avec émotion, et j'ai le nez qui pique. Vous savez cette petite sensation qu'on a dans le nez juste avant de se mettre à pleurer, juste avant que les larmes ne surgissent au coin des yeux. J'ai le nez qui pique, et je remercie ma bonne étoile d'avoir semé ce miracle sur mon chemin. Je sais, pour l'avoir lu et pour en avoir rencontré, qu'il y a des filles qui sont capables d'envisager la vie (non choisie) sans enfants. Qui sont capables de faire de cette vie-là autre chose qu'un simple océan de tristesse tout gris. Je ne suis pas sûre que j'en aurais été capable. Alors souvent, ces temps-ci, peut-être un peu plus encore depuis la perte du troisième, quand je contemple mes filles j'ai le nez qui pique d'émotion, de reconnaissance.

La vérité du quotidien c'est que je suis fatiguée, pour être plus précise je suis épuisée. Par cette année où j'ai eu des soucis (mineurs!!) de santé, par ce premier trimestre de grossesse éreintant, qui s'est si mal terminé. Et par la gestion du quotidien avec les mille et une tâches répétitives qu'il faut assumer jour après jour avec ce manque cruel de temps pour souffler, pour s'arrêter. Je me sens souvent emprisonnée, j'aimerai pouvoir confier mes filles plus souvent pour avoir le droit de temps à autre de ne rien faire, j'aimerai pouvoir plus souvent m'assoir au piano sans que dans les 10 secondes 4 petites mains viennent participer à la cacophonie, j'aimerais pouvoir aller aux wc toute seule, j'aimerais pouvoir cuisiner sans qu'on m'agrippe les deux jambes en hurlant "câlin!!!!!", j'aimerais pouvoir passer des soirées sans marcher sur la pointe des pieds, j'aimerais pouvoir me mettre au lit avec la certitude que mon sommeil ne sera pas troublé par des pleurs.

Mais je ne suis pas une maman tombée de la dernière pluie, parce que trop vieille et parce qu'avec trop d'années de PMA au compteur. Et je sais que c'est la dernière fois de leur vie que mes filles ont deux ans. Et qu'avec les années qui passent la gestion du quotidien va devenir plus simple mais qu'en même temps dans un avenir pas si lointain on regrettera cet âge magique où elles commencent à parler et où tout n'est qu'émerveillement et découverte.

Alors je me dis que des heures pour jouer du piano j'en aurais bientôt plus qu'assez et que le manque d'espace et de temps que je subi est un bien petit prix à payer pour avoir si souvent le nez qui pique…

Posté par ju-ju à 21:02 - Commentaires [8] - Permalien [#]